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La séduction non naturelle : pourquoi tu lis ce site

Ceci est un article invité de Cornelius. Cet ancien geek puceau a réussi à se transformer en séducteur compétent. Il a même développé sa propre méthode de séduction. Si tu souhaites apprendre à séduire en étant honnête et en développant ton courage et ton sens de l’humour, alors je t’invite à visiter son site SeductionAcademy.fr.

Il y a trois choses que tous les animaux font naturellement : manger, dormir et baiser.

Monsieur Darwin explique ça parfaitement : toutes les espèces du règne animal ont été programmées pour assurer leur descendance. Toi et moi en faisons partie.

Si nous passions notre vie entière à manger, dormir et nous reproduire, nous serions un bon spécimen du point de vue de l’évolution.

La séduction est la chose la plus naturelle du monde

Vraiment. L’agriculture, les habits et même le langage sont artificiels à côté de la séduction. Si l’humanité perdait la séduction, elle disparaîtrait en une génération.

Penses-y : le simple fait que tu sois en vie prouve que tes ancêtres pratiquent la séduction depuis des millénaires. La drague date d’une époque où les playboys cognaient des silex pour impressionner des filles moulées dans des strings en cuir de mammouth.

Nous qui passons tant de temps à disséquer et analyser les dynamiques sexuelles oublions parfois qu’aussi riches et complexes qu’elles soient, elles sont aussi fondamentalement primaires. Chacun d’entre nous devrait normalement maîtriser la séduction aussi instinctivement qu’il sait marcher. Et pourtant…

Mais comment nos ancêtres faisaient-ils sans CoachDrague ?

Et pourtant ce n’est pas le cas. Pour beaucoup d’entre nous, la séduction n’est pas venue naturellement. Il a fallu apprendre et faire des efforts. Il a fallu se démener face à des peurs irrationnelles.

J’ai toujours été fasciné par les hommes à qui la séduction venait naturellement. On en a tous connu en grandissant : ce pote à qui les filles semblent tomber dans les bras et qui ne comprend même pas comment tu peux avoir des difficultés à trouver quoi leur dire.

Pour lui, ce n’est pas plus difficile d’aborder une jolie que de parler à sa mamy. Ce sont des choses naturelles. Pas besoin de se casser la tête.

Et d’ailleurs, si tu lui pose la question (et je l’ai fait à de nombreuses reprises) « comment fais-tu ? », « tu leur dit quoi ? », « comment tu sais quand il faut l’embrasser ? », il te répondra qu’il ne sait pas. Il n’y réfléchit pas. Tout comme nous ne réfléchissons par à comment manger ou dormir. Ce sont des acquis.

Quand la culture dérègle notre nature

Ou plutôt… c’était. Aujourd’hui nous avons des insomniaques qui prennent des somnifères et des obèses qui suivent le régime Dukan. Tout fout l’camp ma bonne dame.

Alors bien sûr, je ne vais pas rentrer dans les détails de comment notre société ne sait plus comment manger et dormir parce que, un, je n’y connais rien et, deux, on n’est pas là pour ça.

Depuis un moment je me demande ce qui fait que tant d’hommes, moi y compris, ont eu besoin de conseils pour apprendre à séduire, quelque chose qui devrait être instinctif.

1. L’effet « How I met your mother »

Je n’ai rien contre cette sitcom, mais je crois qu’elle illustre bien le côté obscur de la séduction comme elle est représentée dans la culture populaire.

Au début de la série, le personnage de Barney est un séducteur incorrigible qui utilise toutes sortes de tactiques plus rocambolesques les unes que les autres pour mettre des femmes crédules dans son lit. En tant que dragueur, le personnage est automatiquement décrit comme un salaud, menteur, manipulateur, obsédé sexuel et en manque profond d’affection.

A part donner à la série ses meilleurs épisodes, la morale de ce personnage est que la seule façon de coucher avec des femmes est de les manipuler. Il faudrait en conclure qu’un séducteur est forcément quelqu’un de mauvais qui cherche à compenser son faible amour propre.

Cette idée est assez forte dans la culture populaire, en particulier américaine (ce qui explique peut-être l’ampleur de l’industrie de la séduction qui s’est développée outre-Atlantique). De la même façon que les gentils gagnent à la fin, le séducteur doit connaître une rédemption et arrêter de céder à ses bas instincts. Le film Serial Noceurs est un autre exemple de cette idée qui m’a donné envie de m’arracher les cheveux.

Ce poncif n’est pas mauvais en soi, mais il influence subtilement la façon dont nous nous représentons les relations entre les sexes. Beaucoup de gens pensent qu’activement pratiquer la drague est une activité douteuse, alors que ça devrait être la chose la plus naturelle du monde.

2. Les tabous

Notre société au sens large est assez mal à l’aise avec sa sexualité. Du coup, il n’y a rien de surprenant à ce que beaucoup de gens aient du mal à exprimer leurs désirs aussi. Pour les hommes, cela se traduit souvent par une peur de s’assumer. Les tabous nous ont convaincus que notre désir était malsain et pervers.

Mais nous ne sommes pas les plus mal lotis : c’est souvent pire pour les femmes. Elles ne peuvent pas s’habiller comme elles veulent ni coucher avec qui elles veulent sans être pointées du doigt comme des « filles faciles ».

Je crois que beaucoup des complications que nous rencontrons tous dans nos vies sentimentales sont dues à ce genre de dynamiques sociales.

Ceci dit, je ne crois pas que nous avons besoin d’une nouvelle « libération de la sexualité » ou quoi que ce soit. En fait, le plus important c’est d’en avoir conscience. Rien ne nous condamne à suivre les tabous (et c’est même plutôt fun de les briser).

3. Le manque de modèles masculins forts

Ce dernier point s’appuie sur les deux premiers. Beaucoup d’hommes n’ont pas en grandissant de modèle à qui s’identifier. Après tout, en tant que primates, nous apprenons tout ce que nous faisons en reproduisant ce que font les autres. La séduction ne fait pas exception à la règle.

Le problème est que notre culture populaire manque cruellement d’exemples masculins forts qui ne soient pas des clowns ou des action-men. Et comme nous sommes longtemps tenus à l’écart des réalités du sexe, beaucoup d’entre nous arrivent à l’âge adulte et s’aperçoivent qu’ils n’ont pas la moindre idée de comment séduire une femme.

Cela est accentué par le fait que nous sommes très largement élevés par des femmes. A l’école, les instituteurs sont très rares, et à la maison les femmes s’occupent encore majoritairement des enfants.

Il fut un temps où les pères apprenaient le métier à leur fils ou les emmenaient travailler aux champs ou s’entraîner à la guerre.

Aujourd’hui, le temps que les pères passent avec leurs fils est beaucoup plus limité. Ce manque de modèles masculins affecte le développement des jeunes hommes qui doivent réapprendre comment fonctionnent les dynamiques entre hommes et femmes.

Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Je suis sûr que certains d’entre vous auront une opinion bien plus développée que la mienne sur le sujet. On se retrouve dans les commentaires ?

À propos de l’auteur : Cornelius est un savant fou de la séduction : il rejette les conseils classiques, les techniques des gourous ou même le bon sens. Sa mission ? T’aider à surmonter tes peurs pour injecter plus de fun, de passion et de sexe dans tes relations avec les femmes. Clique ici pour découvrir le meilleur de son site.

  • Romain dit :

    Bonjour Konsti,

    Ton article résume bien l’état actuel de la séduction. Je comprends mieux en te lisant que de nos jours pour une demoiselle, être bien abordée et séduite dans la rue ou bien ailleurs, c’est comme un vent de fraicheur pour elle.

    J’ajouterais qu’aujourd’hui, l’envie prime un peu trop sur le désir. Par exemple, certaines publicités nous feraient croire que posséder tel objet nous rendra plus heureux, ce qui est un leurre. Ça, c’est l’envie.

    Le désir quand à lui est fondamentalement désir de l’Autre, que ce soit pour une personne avec l’amour et l’amitié ou indirectement à travers la culture (la vraie) et le travail.

    Si aujourd’hui, on suscite trop l’envie et pas assez le désir, c’est la séduction naturelle qui en prend un coup.

  • Romain dit :

    Rectification de mon précédent commentaire : j’ai cru m’adresser à Konsti dans mon commentaire pensant qu’il était l’auteur de l’article. Mille excuses Cornelius.

    • Cornelius dit :

      Bonjour Romain,

      Pas de problème. C’est même un honneur d’être confondu avec le maître des lieux ;).

      Je trouve ton commentaire sur la différence envie/désir intéressant. Tu mentionne la publicité, et c’est vrai que certains hommes cherchent à parader avec des jolies femmes à leur bras non par désir de ces femmes, mais avant tout pour renforcer leur statut et se vanter face à leurs potes – de la même façon qu’ils utiliseraient une voiture ou une montre.

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